
Un parcours construit autour du cheval
Je suis Célia Blondon, enseignante d’équitation classique, éleveuse de Paint Horses et Quarter Horses, mais également compétitrice en équitation western.
J’ai démarré l’équitation en club en 1998, d’abord en classique, puis j’ai découvert le western en 2002. Depuis, les deux n’ont cessé de se compléter.
J’ai suivi le cursus relativement habituel de la filière cheval : BEPA, bac pro, BTSA, licence, BPJEPS classique et BPJEPS tourisme équestre, avec des stages chez divers acteurs de la filière.
D’abord monitrice salariée et professeure d’hippologie en lycée agricole, je me suis ensuite installée en 2013 en tant que monitrice itinérante, tout en démarrant mon activité d’élevage extensif sur une vingtaine d’hectares.
J’ai toujours été persuadée que ces différentes équitations avaient chacune quelque chose à s’apporter. Je me suis battue pour partager cela à mes cavaliers et faire disparaître les clivages.
Depuis longtemps, j’ai fait le choix de ne pas me spécialiser dans une seule discipline, mais plutôt de toutes les aborder pour m’enrichir des différentes méthodes. Ainsi, bien que le CCE reste ma discipline première, en plus du western, j’ai également pu pratiquer l’endurance, l’attelage, et organiser de nombreux événements comme le Raid en Bièvre ou le CSO de Roussillon.

Un enseignement personnalisé
Le choix de m’installer en tant que monitrice indépendante s’est surtout fait par volonté de personnaliser mon enseignement et de ne plus faire d’animation auprès de groupes souvent hétéroclites.
J’aime accompagner un couple cheval/cavalier sur la durée, connaître leur quotidien, afin de les conseiller plus largement : alimentation, mode de vie, préparation mentale, préparation physique… Cela permet aussi d’instaurer une vraie relation de confiance.
Le bien-être du cheval reste une priorité, aussi bien dans mon activité d’enseignement que dans la partie élevage. Je milite pour que l’on propose aux chevaux une vie au plus proche du naturel.
Au-delà de l’équitation en tant que telle, j’essaie de transmettre au mieux les connaissances dont la science dispose aujourd’hui, notamment sur les aspects physiologiques et biomécaniques.
Ma pluridisciplinarité me permet de suivre des profils de cavaliers et de chevaux très différents, quels que soient leur niveau ou leurs objectifs. Souvent, ce sont les peurs ou les croyances limitantes qui freinent leur progression. J’essaie d’élargir leurs horizons.
L’équitation western comme plaisir et complément
L’équitation western est toujours restée pour moi une activité de plaisir. N’ayant pas passé de diplôme spécifique à son enseignement, je n’ai donc le droit de l’enseigner que jusqu’au galop 4. Je n’ai pas non plus la prétention d’atteindre le niveau de technicité des enseignants d’équitation western présents autour de moi en Rhône-Alpes, qui est particulièrement élevé.
C’est l’élevage qui m’a amenée progressivement vers les compétitions FFE, APHA et AQHA. Plus jeune, j’adorais les sensations du barrel racing ou du pole bending, qui me rappelaient celles du CCE.
Aujourd’hui, je privilégie les disciplines de performance et notamment celles à pied, comme le trail in hand ou le showmanship, qui font partie intégrante de l’éducation de mes poulains.
J’aime travailler auprès des chevaux américains, avec leur mental irréprochable, et garantir les poulains les plus sécurisants possibles à leurs potentiels futurs cavaliers.
Je ne conçois plus aujourd’hui la compétition comme une finalité, mais bien comme une étape dans la formation du jeune cheval. Je n’ai pas d’ambitions de résultats.

Le travail à pied et la polyvalence
Le travail à pied, qu’il soit classique, western ou en extérieur, ne doit pas être négligé. Il permet d’aiguiser son sens de l’observation et sa compréhension du fonctionnement du cheval. Il est essentiel dans mon enseignement.
J’aime également cette idée que, dans un ranch, le cheval est un compagnon du quotidien et qu’il doit savoir tout faire. C’est ce qui surprend parfois les nouveaux cavaliers lorsqu’ils découvrent des chevaux capables d’ouvrir un portail, d’aller en extérieur, de travailler dans les vaches ou de sauter des obstacles.
L’élevage des Massonnières
Dans mes choix d’élevage, la priorité est donnée bien sûr au mental, mais également à la morphologie, à la rusticité, puis aux origines.
J’ai la chance d’avoir fait naître un étalon d’une gentillesse extraordinaire, qu’il transmet à ses poulains. Il me permet de l’emmener partout sans contraintes, même sur de grosses échéances comme EquitaLyon ou Kreuth.
Il m’arrive également de produire des Paint Horses pour une utilisation plus classique, issus de mères Pur-Sangs, ainsi que des Aztèques.

Le western en France
L’équitation western a connu un certain essor en France ces dernières années pour de multiples raisons : une pratique plus sécurisée qui rassure les cavaliers, des chevaux plus polyvalents, sa médiatisation par les réseaux sociaux, mais également le "western way of life" qui l’accompagne, avec de superbes festivals, des concerts de musique country, des expositions de véhicules…
Nous avons la chance, en Rhône-Alpes, d’être dans l’une des régions les plus dynamiques en termes de concours, stages et formations, avec des intervenants de qualité.
Je pense qu’il faut poursuivre ce travail de mixité. Nous avons notamment la chance d’avoir quelques concours de hunter under saddle ou de hunt seat, des disciplines trop peu répandues à mon goût.
J’estime aussi qu’il est nécessaire de se former en continu, afin de se remettre en question le plus possible et continuer d’avancer.
Je pense et j’espère que l’équitation western a encore de belles années devant elle.
Un grand merci à Célia pour ce partage d’expérience, entre passion du cheval, ouverture d’esprit et volonté de transmission.
Pour contacter Célia Blondon et l'Élevage des Massonnières :