Je suis Tiphaine Le Corre-Louise et j’ai 46 ans. Je suis éducatrice équin et enseignante, spécialisée en équitation western de performance.
Je dirige ma structure Easy Horse, située en Bretagne, près de Rennes, depuis 2010.
Une passion depuis l’enfance
Je suis viscéralement amoureuse des chevaux depuis mes 2 ans, c’est mon premier vrai souvenir.
Je suis issue d’une famille où l’univers animal est complètement inconnu. Moi, au contraire, je suis attirée par le vivant autre que l’humain depuis mon plus jeune âge.
Ayant un début de scoliose et des allergies à la poussière, il avait été conseillé à mes parents que je ne pratique pas l’équitation. Mais un médecin, plus à l’écoute de ma souffrance, a finalement donné le feu vert lorsque j’avais 8 ans.
Depuis, j’ai passé l’essentiel de mon temps auprès des chevaux.
Jeune adulte, j’ai pris de la distance avec l’équitation. J’étais frustrée de ne pas pouvoir communiquer avec les chevaux, de ne pas trouver une équitation plus juste, moins violente. J’étais désireuse d’un partenariat cheval-cavalier dans lequel le respect soit réciproque.
Puis, j’ai fait une rencontre exceptionnelle : Elisabeth de Corbigny. Elle m’a enseigné les techniques d’un très grand horseman, John Lyons.
Pendant ma formation, j’ai acquis des compétences dans le débourrage et la mécanique du cheval. J’ai appris à "réparer" tous types de problèmes comportementaux ou d’ordre mécanique.

La rencontre avec le western
C’est la rencontre avec une formidable jument, Misty Leo Bar Ghost, qui m’a amenée au western.
J’ai fait l’acquisition de cette jument, éduquée en équitation western, alors que j’étais moi-même complètement ignorante de cette pratique ainsi que des disciplines western.
J’ai donc pris des cours auprès de mon amie Edith Cordey, qui dirige le Western Breizh, sur la commune de Sarzeau, dans le Morbihan. Cette équitation correspondait pleinement au respect et à la légèreté que j’attendais.
Édith m’a permis de rencontrer Lyne Laforme, avec qui je travaille depuis de nombreuses années afin d’affiner mon enseignement et mes compétences.
Au contact de Pascal Filland, Nadia Madani, etc., j’ai pu développer et améliorer mes techniques dans les disciplines de performance.
Si j’aime le reining et le ranch, la performance m’apporte un challenge où l’équilibre physique, mental et émotionnel est au plus haut.
La création d’Easy Horse
Easy Horse vient de l’envie de créer un pôle d’éducation du cheval et du cavalier.
J’éduque et je "répare" les chevaux qui me sont confiés, avec la plus grande sincérité auprès du propriétaire.
Les cavaliers adultes ou adolescents peuvent prendre des cours en individuel ou en groupe de trois.
Pendant les cours, j’apprends à mes élèves à travailler un cheval en liberté, à pied et à cheval. Nous apprenons à analyser la mécanique afin de choisir les exercices les mieux adaptés à la problématique rencontrée.
Nous travaillons également le showmanship, le trail in hand, le trail, le pleasure, le horsemanship, mais aussi le ranch trail, le ranch riding…
La qualité est mise en avant plutôt que la quantité.
Easy Horse est une petite écurie à taille humaine, constituée de cavaliers et cavalières de tous âges.
L’ambiance est saine, avec un esprit chaleureux et bienveillant. Les gens peuvent compter les uns sur les autres. Nous sommes tous dans l’échange et le partage.
Une vision du cheval
Il ne faut pas oublier que si, en équitation western, le cheval est un vrai partenaire, un véritable ami et allié, il n’en est pas de même pour toutes les équitations.
Nous sommes dans un microcosme et dans un "entre-soi". Il est encore très fréquent, passées nos clôtures, que des méthodes archaïques subsistent, même en 2026.
La vision de ce qu’est un cheval doit encore faire son chemin. Celui-ci est extrêmement long. Les mentalités doivent continuer de changer.
Il existe encore de nombreuses structures équestres non adaptées aux besoins des chevaux, et trop d’enseignants peu ou mal formés.
Éthologie et bon sens
L’éthologie est la science qui étudie un être vivant ou une espèce vivante dans son milieu, qu’il soit naturel ou non. L’équitation éthologique n’est absolument pas une discipline. C’est du bon sens.
C’est comprendre son interlocuteur cheval pour mieux connaître ses besoins, son fonctionnement, et améliorer nos techniques de communication afin de mieux le servir.
Je ne retire pas le bon sens de l’enseignement d’une discipline. Au quotidien, quand un client me demande si nous allons faire du western ou de l’éthologie, je lui explique que cette question n’a pas de sens.
Le bon sens est partout. Que l’on enseigne du travail en liberté, au sol, monté, ou sur telle ou telle discipline, l’éthologie est au cœur de mon enseignement.

Le bon choix de cheval
L’erreur la plus fréquente est un mauvais choix au départ.
Beaucoup de cavaliers, pour leur première expérience en tant que propriétaire, choisissent un tout jeune cheval, voire un poulain. Ils espèrent ainsi le faire "à leur main" et ont l’impression que le rapport avec celui-ci sera plus fort.
C’est une erreur. Il faut être soi-même sacrément solide dans ses compétences équestres pour devenir un bon leader et éduquer un jeune inexpérimenté.
C’est également souvent un choix financier. Or, il faudra confier le jeune au travail auprès d’un bon éducateur. Pour le débourrage, il est fréquent que trois mois de travail soient nécessaires. Un bon entraîneur est souvent coûteux.
Ne vaut-il pas mieux investir dans un cheval "clé en main" ?
D’autant plus qu’un cheval ayant terminé son débourrage restera vert de nombreuses expériences. Il faudra ajouter des cours.
Dans le choix du départ, le casting est souvent aussi mal pensé. Le cavalier a acheté un Irish ou un arabe et souhaite une selle western. Or, elles sont essentiellement prévues pour des morphologies américaines.
De même, quelles disciplines vous font vibrer ?
Si, à petit niveau, toutes les races peuvent pratiquer l’essentiel des disciplines western, vous aurez davantage de plaisir avec une vraie lignée de ranch ou de performance dans telle ou telle discipline. Elles sont sélectionnées pour le mental et certains critères physiques, comme les allures.
La couleur est le dernier des critères. Or, de nombreux élevages ne misent que sur la couleur et n’hésitent pas à faire reproduire des chevaux emphysémateux.
Un cheval bien dans son travail
Pour qu’un cheval se sente bien à l’école, il est indispensable qu’il n’y ait pas de douleur dans la pratique.
Il faut vérifier que la selle ne le compresse pas et qu’elle soit adaptée à sa morphologie. Il faut aussi le montrer au minimum une fois par an à un ostéopathe et à un dentiste. En croissance, je montre mon cheval plus fréquemment à l’ostéopathe.
Il est important que le cheval apprenne la base de l’école maternelle avant d’aller vers des notions de Polytechnique. Il ne doit jamais redoubler de classe, ni sauter les compétences qui deviendront les prérequis indispensables pour aller plus loin.
Si vous avez l’impression de refaire sans arrêt les mêmes tâches, vous n’aurez plus envie d’aller à l’école. De même, si l’enseignant n’est pas captivant, vous n’aurez pas la motivation pour suivre la classe.
Mon élève doit se sentir fort dans ses réponses. C’est comme si je lui demandais de réciter une poésie ou une table de multiplication.
La solution est toujours la même. Au fur et à mesure, il apprend à me répondre sans bredouiller. J’attends de lui une réponse franche et fluide, comme s’il levait la main parce qu’il connaît la réponse au plus profond de lui.
Puis j’augmente mon degré de difficulté : autre allure, plus de tours, à une main, etc.
Un cheval qui aime l’école vient vers vous au pré à chaque fois. Il est demandeur de sa séance.
Monter et écouter
Monter un cheval sert avant tout à améliorer l’équilibre physique, émotionnel et mental.
Un cheval a ses propres responsabilités. Il doit maintenir l’allure, la cadence et la direction dans une forme demandée.
Les responsabilités du cavalier sont de lui expliquer ce qu’on attend de lui.
Par exemple, s’il ne garde pas sa ligne droite et tombe à gauche, je peux soit redresser l’épaule gauche et la cage thoracique vers la droite, soit, au contraire, l’encourager à aller plus à gauche jusqu’à ce qu’il se redresse par poussée du postérieur gauche.
Il apprendra à se responsabiliser et à "tenir" des lignes droites plus longues. Être à l’écoute de son cheval tout en le montant, c’est vérifier que les trois équilibres sont en place.

Pourquoi le western
Par nature, l’équitation western place le cheval au centre de l’équitation.
L’équidé est le partenaire du cowboy ou du rancher. Et un cheval qui aime son travail et son humain est le meilleur ami que l’on puisse avoir.
Chaque discipline western prend une ou plusieurs qualités nécessaires au cheval de ranch et la pousse au plus haut niveau grâce à la compétition.
L’équitation western est en constante évolution. Il y a une certaine ouverture d’esprit, ce qui fait que ces disciplines ne sont pas figées.
Grâce aux découvertes, aux connaissances nouvelles et scientifiques, beaucoup d’entre nous continuent d’améliorer et de faire évoluer les techniques d’entraînement.
Concernant la performance, j’aime le geste parfait. Cela exige une grande maîtrise.
Ce que le western apporte
Pour le cavalier, cette équitation apporte une grande réflexion et des compétences en organisation.
Il faut accepter le lâcher-prise et l’idée qu’il n’y a absolument aucun rapport de force entre le cavalier et le cheval.
C’est une notion d’énergie qui transite du corps de l’un vers les pieds de l’autre. Contrôler les pieds du cheval amène au contrôle du cheval dans son ensemble.
Les idées reçues
Comme dans l’équitation classique, il y a de mauvais entraîneurs et des idées reçues, comme sur la taille et la forme des éperons, des mors à branches, etc.
Nous avons la chance extraordinaire, en western, de disposer de grands hommes et femmes de cheval accessibles.
Concernant les éperons, je fais souvent remonter les manches de mes clients afin de faire rouler la molette sur leurs avant-bras. J’explique comment utiliser par chatouilles cet outil de précision, qui ne sera effectif qu’à partir d’un certain degré de compétence de la part du cavalier.
De même pour les mors. J’informe mes cavaliers de la construction d’un cheval. Pour ma part, j’établis une base solide de compétences au mors à aiguille double brisure, car je le trouve très pédagogique. Mais je peux utiliser un snaffle également.
Je commence tout juste la monte au bosal et je n’ai, pour le moment, que peu de connaissances dans cette monte californienne.
Lorsque ma base d’éducation est solide en mors simple, je transfère les acquis du cheval vers un mors Futurity Jonathan ou François Gauthier. Ce petit mors permet un travail précis en vue d’une monte à une main.
Je n’utilise pas de mors compliqué ni d’enrênement. Un cheval sait baisser la tête. Pas besoin d’artifice pour le lui demander. Je préfère un matériel simple.
Les cavaliers concernés
Beaucoup de cavaliers peuvent se reconnaître dans cette équitation de partenariat.
Il y a tous ceux qui recherchent l’authenticité et l’art de vivre western. Mais aussi tous les cavaliers désireux d’une belle équitation, précise et plus juste envers les chevaux.
Ainsi que tous ceux qui se sont fait peur ou mal.
Tous les chevaux ?
Le bon sens et le partenariat s’adaptent naturellement à tous types de chevaux.
Un cheval est un cheval. Dès lors qu’il a un corps de cheval et un esprit de cheval, il sera sans doute heureux d’évoluer dans la multitude de disciplines western.
Mais si vous souhaitez performer, seuls les chevaux américains, comme les Quarter Horses, Paint Horses et Appaloosas, bénéficient d’une longue sélection rigoureuse.
De plus, vous rendrez votre cheval malheureux si vous souhaitez qu’il ralentisse autant qu’un cheval de pleasure alors qu’il n’est pas doté de cette morphologie.
Un cheval de reining ne pourra pas faire ce travail. Et inversement. Mais la plupart pourront performer en trail et dans certaines disciplines de ranch.
Les concours de races ouvrent de plus en plus de classes de walk and trot, permettant ainsi à un large panel de cavaliers et de chevaux de se faire plaisir dans ces disciplines sans galop.
Cette allure est parfois un frein quand le cheval ou son cavalier est trop "vert" dans sa pratique.
Former des hommes et femmes de cheval
Mon objectif principal est de former de futurs hommes et femmes de cheval.
Pas seulement de bons cavaliers, mais de bons techniciens de l’équitation et de bons futurs propriétaires pour leurs chevaux s’ils souhaitent franchir ce cap.
Aimer, cela s’apprend. Car aimer, c’est avant tout éduquer. Et il est si facile de mal aimer.

L’apprentissage des cavaliers
Je ne propose que des cours aux adultes ou grands adolescents.
Pour la première séance, je fonctionne uniquement en individuel. Cela me permet d’avoir un temps de qualité avec la personne.
Je peux présenter ce qu’est l’équitation western, ainsi que les disciplines qui la composent.
Puis, on commence un début de base du showmanship. Cette belle discipline rigoureuse va permettre au cavalier d’expérimenter au sol les notions d’énergie pour déplacer un cheval avec légèreté.
Ensuite, nous travaillons en selle, mais sans filet ni licol.
Dans cette séance, le cavalier expérimente le non-rapport de force. Il apprend à aller en avant, arrêter, reculer, diriger, pivoter son cheval avec sa simple énergie. Cela m’évite de répéter des notions déjà abordées auprès des autres cavaliers.
Puis, en fonction de son niveau, la personne peut continuer les cours en individuel ou rejoindre un groupe. Ceux-ci sont constitués de trois personnes. Ce petit nombre me permet une grande liberté dans mon enseignement.
Je peux adapter un pattern ou tout simplement travailler une notion nécessaire à l’un, alors qu’un autre travaille toute autre chose.
Le plaisir de transmettre
La réussite et le sourire des cavaliers lorsqu’ils ont compris une notion sont la partie la plus gratifiante pour l’enseignant.
Un bon enseignant doit transmettre son idée. Si un élève ne réussit pas, c’est à l’enseignant de se remettre en cause et de trouver la bonne idée afin que chacun se trouve en position de réussite. Cet élève est-il plutôt visuel ? Auditif ? Kinesthésique ?
J’ai encore beaucoup de chemin à parcourir pour améliorer mes compétences d’enseignante envers les humains.
Des transformations quotidiennes
C’est tous les jours que je suis témoin de changements.
Pour les chevaux, ce sont tous ceux qui me sont confiés. Chaque cheval apprend à très grande vitesse, car c’est une proie. Il doit sans cesse s’adapter à son environnement pour survivre. À l’inverse de nous, prédateurs par nature.
Mais chaque cavalier poussant la porte d’Easy Horse ressort, j’espère, avec une toute autre vision du cheval. C’est un bouleversement pour l’humain, y compris émotionnel. Mais cela demande une grande force de remise en question.
La qualité du cavalier
Un bon cavalier doit être curieux, pousser des portes, aller voir les disciplines qu’il ne pratique pas et ne pas rester dans sa zone de confort.
Il y a plein de super professeurs partout en France et en Europe. Nous avons la chance, dans le Grand Ouest, d’être très bien dotés par la qualité des enseignants western qui s’y trouvent.
Changer d’enseignant est fondamental pour progresser. Soyez critiques, mais constructifs.
Les stages à Easy Horse
En plus des cours réguliers, je propose des stages de grande qualité avec des intervenants extérieurs.
Nous avons la grande chance d’accueillir deux fois par an, en avril et en septembre, Lyne Laforme.
Cette juge internationale que l’on ne présente plus est sans doute la plus grande pédagogue qu’il m’ait été donné de rencontrer. Lyne est devenue mon amie. Elle m’inspire et me guide dans mes choix et dans mon parcours.
Au cœur du mois de janvier, Luc Giordano intervient pour un stage de ranch.
Nous y rejoignent mes amies Marie Dufour et Julia Rihn. Nous profitons de ce stage pour nous réunir un jour en avance et échanger sur nos techniques respectives. C’est très convivial !
Pendant le stage, les cavaliers améliorent leurs compétences en ranch trail, ranch riding, et nous préparons la saison avec des exercices de cowless training puisque je ne dispose pas de bétail.
En mars, c’est Clémentine Durand qui est venue nous aider à nous perfectionner en compétition, toujours en ranch.
Et tout au long de l’année, nous avons préparé avec Pascal Filland un mini-stage récurrent d’une journée et demie en performance. Environ toutes les sept semaines, Pascal nous bâtit un programme progressif sur la dissociation des aides, les techniques de trail, etc.
Il n’y a pas besoin d’être compétiteur ni d’avoir un très gros niveau pour accéder à ces stages.
Tous les stages avec les intervenants extérieurs sont ouverts aux cavaliers extérieurs.
Les stages que j’anime personnellement ont lieu sur demande. Les cavaliers ne disposant pas de cheval peuvent en louer un sur place.
Une journée à l’écurie
Je n’ai pas de journée type, mais généralement je suis à l’écurie assez tôt, vers 6h30. Il y a tellement de tâches à réaliser.
Je commence par nourrir, vérifier l’eau et le foin qui doit être à volonté. Je sors les quelques chevaux qui ont dormi au box s’il y en a, et je nettoie les litières.
Puis j’attaque le travail des chevaux, en commençant par celui qui me demandera le plus d’énergie.
Je donne mes cours, je continue le travail des chevaux, j’effectue les divers travaux de réparation s’il y en a, je rentre les chevaux qui doivent rentrer, puis je renourris.
Il y a parfois des cours en soirée.
Je travaille essentiellement avec mes cinq chevaux-école. Mais il arrive, pour les besoins d’un thème, que j’emprunte un cheval à un client.
Une fierté quotidienne
Ce qui me rend la plus fière, c’est de voir au quotidien les couples cavaliers-chevaux grandir et pouvoir évoluer sans moi.
Et personnellement, c’est aussi de regarder tout ce que nous avons bâti avec mon mari depuis 2010.
Longtemps, j’ai eu le sentiment d’être illégitime de par le niveau équestre que j’avais. Mais j’ai gravi lentement la montagne.
Aujourd’hui, je suis fière de parcourir l’Europe en concours. Et je suis encore plus fière d’avoir pu transmettre l’amour des chevaux à mes trois filles. Elles ont de belles valeurs.
Les chevaux d’Easy Horse
Mes chevaux, qu’ils soient d’enseignement ou de concours, sont ma famille.
À la base, devenir cheval-école n’est pas possible pour tous les chevaux. Il faut une grande force et un bon mental.
Mais dans les séances, les cavaliers travaillent sur les besoins spécifiques du cheval qui leur est confié. Du coup, j’allie le cours du cavalier à une vraie séance pour le cheval.
Il devient cheval-école malgré lui. Tout va dans le sens du cheval.
Le plus beau compliment que l’on pourrait faire à ma structure serait sans doute de dire que les chevaux y sont heureux.
Les chevaux marquants
J’ai eu deux chevaux marquants que je n’oublierai jamais.
La première est ma jument Misty, qui m’a initiée au western. C’est grâce à elle que j’ai pu rencontrer les bonnes personnes sur ma route. Cette jument était talentueuse et brillante. Mais sa vie a été trop courte, malheureusement.
Mon second est Cheveyo San Leo. Cheveyo n’est pas le plus beau, ni le mieux fait. Il a moins de compétences que mes chevaux de compétition. Mais il a mon cœur.
Je me retrouve en lui. Il guette chacun de mes pas, s’arrange pour me retrouver à n’importe quelle porte du pré. Si les chevaux n’ont pas besoin de nous, je sais pourtant que Cheveyo m’aime. Et c’est réciproque.
Je déplore ne plus avoir de temps à lui accorder. Mais il s’épanouit comme cheval-école.
Respecter la progression
Un cheval progresse naturellement très rapidement de par sa condition de proie.
Si l’évolution du travail ralentit, il n’y a que deux solutions.
Soit je dois remettre en question ma façon de lui enseigner, et j’en parle à mes collègues qui auront sans doute la bonne idée.
Soit il a une gêne, et dans ce cas je prends rendez-vous avec l’ostéopathe, le vétérinaire, etc.
Mais dans tous les cas, les séances de travail doivent être adaptées à son âge et à sa condition physique.
À chaque fois que le cheval fait un effort ou acquiert la bonne réponse, il a une pause plus ou moins longue.
La leçon des chevaux
Les chevaux nous apprennent l’humilité au quotidien.
Nous sommes désireux d’une relation avec eux. Mais à la base, pas eux. Je leur suis pleinement reconnaissante de leur coopération.
Chaque jour, les chevaux m’apprennent à affiner une technique. Ils me rendent meilleure technicienne, mais aussi meilleure humainement.

Le western
Ce qui rassemble les cavaliers western, c’est un amour profond et sincère du cheval. Mais aussi la recherche d’une certaine authenticité, le retour à des valeurs simples, la recherche de cet art de vivre.
Je perçois une évolution de l’équitation western en France, notamment par la multitude des appels et des demandes de cours.
Mais le chemin est encore si long. Elle n’est encore que si peu connue par rapport au nombre de structures classiques florissantes.
Il y a plusieurs axes pour développer le western en France.
La première chose est de multiplier les "vitrines" avec les participations aux divers salons équestres. Le problème est le coût des stands pour les structures. Afin de rendre cela plus attractif, il faut y organiser des concours : ranch, performance, reining… Cela questionne le grand public.
Il est nécessaire de former des enseignants western.
Il est aussi nécessaire que les organismes de formation, comme les MFR, ouvrent leur curiosité, fassent évoluer leur programme avec des stages variés, des visites de structures western, et adaptent leurs épreuves d’examens aux jeunes westerners qui ne pratiquent pas l’obstacle.
Les projets d’Easy Horse
Il reste quelques axes à développer.
Nous devons améliorer la gestion de l’eau et investir dans la récupération de l’eau du toit du manège.
Je souhaiterais également assainir les prés. Située en Bretagne, notre structure a des sols argileux et très boueux l’hiver. Nous n’avons pas encore trouvé la bonne solution.
Couvrir le rond de liberté et augmenter la surface de stockage serait un plus.
Ces investissements coûteux seront programmés courant 2027.
Je ne pourrai pas continuer longtemps à porter ce projet seule. Une tierce personne pour me seconder ne serait pas de trop.
J’ignore encore si ce sera une personne à son compte, une de mes filles, un employé… Mais il y aura des décisions à prendre.
Un message aux cavaliers
Open your mind ! ! !
Ne restez pas entre vous. Toutes les disciplines sont belles. Il n’y en a aucune de facile.
EWF remercie chaleureusement Tiphaine Le Corre-Louise pour le temps accordé à cette interview, pour la richesse de son témoignage et pour le partage de sa vision du cheval, de l’enseignement et de l’équitation western.
Pour contacter Easy Horse :
- Mail : contact@easyhorse.fr
- Tél : 06 73 08 29 57