I. Depuis toute petite, les chevaux ont toujours occupé une place centrale dans ma vie »
Je m’appelle Tess, je suis franco-néerlandaise et passionnée d’équitation depuis toujours, avec une affection toute particulière pour l’univers western. J’aime autant l’équitation de travail que le mode de vie western, dont les valeurs et la relation avec le cheval me correspondent pleinement.
Je suis aujourd’hui l’heureuse propriétaire de Pepo Blackburn Smoke, un Quarter Horse de trois ans élevé par Ina H., et de Marley, mon berger des Pyrénées de trois ans également.
Pour être honnête, mon plus vieux souvenir lié aux chevaux, c’est de regarder ma maman monter à cheval. Très vite, je n’ai plus voulu faire autre chose que d’être à cheval moi aussi ! D’ailleurs, même à l’école, mes professeurs se plaignaient gentiment que je ne savais parler que de poneys et de chevaux.
Depuis toute petite, les chevaux ont toujours occupé une place centrale dans ma vie.
Mes premiers souvenirs à cheval remontent à la ferme équestre de Bois-Guilbert, où je montais à cru sur les poneys shetlands. Je me souviens des jeux à poney dans le manège, mais aussi des longues promenades à travers les chemins, avec des montées, des descentes, des cuvettes et même quelques courses entre copains.
C’est à cette époque que j’ai découvert ce que représentait pour moi le paradis : être à cheval, entourée de poneys, en pleine nature.
Depuis, ce sentiment ne m’a jamais quittée.

II. Changer complètement de milieu et d’approche
J’ai commencé par pratiquer l’équitation classique et les disciplines qui l’accompagnent. J’ai ensuite eu la chance d’avoir mon premier cheval, une jument PRE nommée Joia, avec laquelle je faisais un peu de dressage de loisir, mais surtout beaucoup de sorties en extérieur.
C’est à cette période que j’ai commencé à m’intéresser à l’équitation western et au travail du cheval, notamment à travers les approches de Pat Parelli et d’Andy Booth. Leur enseignement m’a ouvert les yeux sur une autre façon de monter et de travailler avec les chevaux, davantage centrée sur la compréhension, la communication et le partenariat avec l’animal.
L’équitation western est réellement arrivée dans mon parcours après la vente de ma jument PRE. J’avais envie de changer complètement de milieu et d’approche.
J’ai eu la chance de faire une première initiation à la ferme des Tilleuls, et ça a été un vrai déclic pour moi. J’ai découvert des chevaux bien entraînés, avec un vrai sens dans le travail, et surtout une approche où chaque chose a un but.
Cela m’a aussi fait prendre conscience qu’il n’est pas normal de monter un cheval à moitié formé, ni de banaliser des situations dangereuses, que ce soit du côté du cavalier ou du cheval - loin du fameux « Tu tombes, tu ramènes un gâteau la semaine prochaine en espérant que tu n’aies rien de cassé. »
Ce qui m’a attirée dans le western au départ, c’est vraiment l’ensemble de cette équitation. Le mental froid des chevaux m’a tout de suite impressionnée, tout comme l’approche très structurée des entraînements.
J’ai aussi été séduite par tout l’univers autour : le matériel, le tooling sur les selles et les brides, le fait de monter en jeans, les belles bottes, mais aussi les stops des chevaux et le son qu’ils produisent.
Comme j’ai toujours été attirée par les États-Unis, j’avais l’impression de retrouver un univers qui me correspondait pleinement et dans lequel ma vie commençait à prendre forme.
Il y a quelque chose de très cohérent et authentique dans cette culture western qui m’a immédiatement parlé.
III. Quarter Horse Dream, les concours et les premières vraies sensations western
J’ai eu plusieurs déclics qui m’ont donné envie de continuer dans cette voie. L’ambiance de mes premiers concours a beaucoup compté, tout comme mes premières sensations de cercles rapides, les stops et les spins, qui m’ont vraiment marquée.
Les rencontres ont également joué un rôle important, notamment toutes les personnes que j’ai pu croiser au Quarter Horse Dream. Elles m’ont confortée dans cette voie et dans mon envie de continuer à évoluer dans l’équitation western.
Quarter Horse Dream a été une étape clé de mon parcours, aussi bien pour ces rencontres que pour mes premières expériences en concours. C’est là que j’ai réellement découvert et ressenti pour la première fois certaines sensations propres au western : les cercles rapides, les stops, les spins…
J’ai aussi eu la chance d’être encadrée par Laura Duponchel et Guy Duponchel. Ils m’ont transmis les bases solides de mon équitation western et du reining, et m’ont accompagnée lors de mes premiers concours.
Pour moi, une structure orientée western peut apporter beaucoup à quelqu’un qui découvre cet univers, notamment à des cavaliers qui ont pu se faire peur en équitation classique, en proposant une approche souvent plus progressive et plus sécurisante.
Il y a également une ambiance très conviviale et une vraie diversité de disciplines ludiques, comme le travail du bétail sous différentes formes, mais aussi des disciplines de performance.
Et surtout, cela permet de mieux comprendre comment entraîner son cheval et pourquoi.
IV. Le reining m’a surtout appris la rigueur, le travail »
De cette période en reining, je garde surtout le souvenir d’une super année, riche en entraînement mais aussi, et surtout, en rires et en convivialité.
Au-delà du classement (vice-championne de France en Club 1 en 2019), cette expérience reste pour moi un très bon souvenir, marqué par le plaisir de progresser et de partager ces moments avec les autres.
Le reining m’a surtout appris la rigueur et le travail.
C’est une discipline qui demande une vraie précision dans chaque détail et qui oblige à être constant dans sa préparation, mais aussi à rester posé et concentré dans toutes les situations.

V. « Ça ne sert à rien de brûler les étapes »
Aujourd’hui, dans ma façon de monter et de travailler un cheval, le plus important est de prendre son temps.
Ça ne sert à rien de brûler les étapes ou de vouloir aller trop vite. Je fais vraiment attention à préserver le mental de mon cheval et à toujours garder du plaisir dans le travail.
L’entraînement, c’est essentiel, mais il ne faut jamais oublier la complicité avec son cheval et le fait de s’amuser ensemble.
Je suis propriétaire de Pepo Blackburn Smoke, un hongre de trois ans que je travaille moi-même. Je continue à me former au quotidien, notamment en assistant à différents stages et concours.
Je bénéficie aussi d’un suivi particulier avec Elodie de Valley View Stables, qui m’aide énormément, aussi bien dans le travail à pied qu’à cheval.
Ma vision du cheval a énormément évolué depuis mes débuts, et elle continue d’ailleurs d’évoluer constamment.
Aujourd’hui, on a la possibilité de se former beaucoup plus facilement auprès d’entraîneurs internationaux qui nous correspondent, que ce soit via des plateformes en ligne ou même les réseaux sociaux.
Cela permet de se remettre en question, de tester plusieurs méthodes tout en restant cohérent, et d’enrichir en permanence sa manière de travailler avec les chevaux.
VI. « Difficile de faire plus western »
Mon premier voyage aux États-Unis a eu lieu en octobre dernier, au Texas, entre Dallas et Fort Worth. Difficile de faire plus western.
Ce séjour était directement lié aux chevaux et à l’univers western. Il m’a permis de vivre de l’intérieur une culture que j’admire depuis longtemps.
Plus récemment, je suis également allée au Tennessee, où le cheval occupe une place très importante. Cela m’a permis de continuer à m’immerger encore davantage dans l’univers du cheval.
Au Texas, j’ai eu l’occasion de voir plusieurs choses liées à la culture western. J’ai notamment assisté à la finale de rodéo à Fort Worth en octobre, et cela a été un moment très marquant pour moi.
Mais ce qui m’a le plus marquée là-bas, c’est aussi le sentiment d’être complètement à ma place.
J’avais l’impression d’être à la maison et d’être libre d’être qui je suis, sans jugement, parce que je vis déjà beaucoup comme eux au quotidien.
J’ai également été touchée par la politesse des gens, leur accueil, ainsi que par la beauté des chevaux et des longhorns que j’ai pu voir là-bas.
S’il y a quelque chose que l’on peut apprendre de cette culture western américaine, selon moi, c’est surtout la sincérité de l’entraide.
Il y a une vraie solidarité et une simplicité dans les échanges qui sont très inspirantes. En l’adaptant à la réalité française, cela peut enrichir notre manière de travailler avec les chevaux et de vivre l’équitation, en gardant cette authenticité tout en respectant nos propres pratiques et cadres.
VII. Une équitation qui mérite d’être « mieux comprise et surtout mieux expliquée »
Aujourd’hui, je vois l’équitation western en France comme une équitation riche, très complète et encore trop souvent méconnue dans toute sa diversité.
Il y a un vrai potentiel de développement, aussi bien dans les disciplines de performance que dans les approches plus orientées vers le travail du bétail ou l’équitation de loisir.
C’est une équitation qui mérite d’être mieux comprise et surtout mieux expliquée.
En revanche, je pense qu’il est important de rester vigilant sur les encadrants et les méthodes d’apprentissage.
On observe parfois une tendance avec des « cowboys du dimanche » qui manquent de réelle technicité, tout en utilisant le matériel western de manière trop dure ou inadaptée. Cela peut donner une image faussée de cette équitation, alors qu’à la base, elle repose sur la finesse, la communication et le respect du cheval.
Je pense donc qu’il est essentiel de continuer à valoriser une équitation western correcte, propre et cohérente, afin de transmettre une image fidèle de ce qu’elle peut être dans toutes ses disciplines.
Un grand merci à Tess d’avoir pris le temps de partager avec EWF son parcours, sa découverte du western et son regard sur le travail du cheval. Son témoignage permet de revenir sur ses premières expériences en reining, sur sa manière d’aborder aujourd’hui l’entraînement de son jeune cheval, mais aussi sur ce qu’elle est allée chercher et découvrir aux États-Unis.
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